define('DISALLOW_FILE_MODS',true); Communiqué de Presse

Communiqué de Presse

La Haut Commissaire aux Droits de l’Homme des Nations Unies Publie un Rapport Crucial sur l’Orientation Sexuelle et l’Identité de Genre 

Le rapport enjoint les  gouvernements à lutter contre la discrimination et la violence à l’endroit des personnes LGBTI

 

15 décembre 2011

Des organismes des droits de l’homme du monde entier ont bien accueilli la publication du premier rapport des Nations Unies sur les droits de l’homme, l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Le rapport documente la discrimination et la violence répandues que subissent les lesbiennes, les gais, les personnes bisexuelles, transgenres et intersexes (LGBTI) de par le monde, et invite les États à appliquer les dispositions de la loi internationale pour mettre fin à ces violations des droits humains.

« Les récentes initiatives prises par les instances régionales et internationales des droits de l’homme, comme celles exigées dans la résolution de l’Afrique du Sud sur les droits de l’homme, l’orientation sexuelle et l’identité de genre ou de l’OÉA avant cela, indiquent clairement l’engagement de ces organisations et de leurs États membres à adopter de futures politiques pouvant offrir des solutions à ces sérieux préoccupations en matière de droits humains », a dit Marcelo Ferreyra, coordonnateur des programmes, IGLHRC, Amérique latine et Caraïbes.

C’est le Conseil des droits de l’homme de l’ONU qui a demandé ce rapport après que l’Afrique du Sud eût pris le leadership sur cette question et présenté une résolution à ce forum mondial des droits humains en juin. Une majorité du Conseil l’a appuyée, y compris des pays de toutes régions de l’ONU.

« Ce rapport marque une victoire significative pour les militants LGBT », a dit Kim Vance d’ARC International. « En publiant ce rapport crucial, les Nations Unies ont explicitement affirmé que les protections garanties par la Déclaration universelle des droits de l’homme s’appliquent à chacun d’entre nous. Nous croyons que ce rapport fraiera la voie à une action plus explicite pour traiter des abus insignes que les LGBTI subissent. »

La résolution reposait sur des décennies de solides revendications de la part des défenseurs des droits humains. Elle n’aurait pu voir le jour sans le legs de tous ces gens réclamant le droit à vivre sans violence, discrimination et persécution, et leur droit à la liberté d’expression et d’organisation sans subir des menaces  à leur sécurité.

Linda Baumann, coprésidente de PanAfrica ILGA, a dit « Pan Africa ILGA se réjouit de ce rapport historique pour notre continent africain. Il jette les bases d’une discussion dans notre région et avec nos États membres en vue de créer un environnement favorable pour la communauté LGBT. Nous sommes confiants que ce rapport créera une occasion pour tous les organismes de droits humains de réfléchir sérieusement et de façon urgente à la discrimination et à la violence que subissent les gens LGBT. Bien que ce soit un pas en avant pour notre mouvement, il ne s’agit que d’un autre début de lutte pour la communauté LGBT en vue d’une libération politique, celle de rendre nos gouvernements redevables face à de leur engagement de protéger les droits humains et à leurs obligations en tant qu’États membres de l’ONU. »

Bien que la publication du rapport et l’appui croissant aux droits des LGBT à l’ONU marquent un progrès significatif dans ce domaine, les défenseurs des droits humains ont aussi souligné le besoin d’une action urgente pour mettre fin aux viols, meurtres et manifestations quotidiennes d’exclusion et d’ostracisme qui se produisent de par le monde et qui sont soulignés dans le rapport.

« Les brutalités et indignités subies par les personnes LGBT ont finalement été reconnues en tant que violations du principe premier de la Chartre de l’ONU, c’est-à-dire l’universalité des droits de l’homme » a dit Arvind Narrain, de l’Alternative Law Forum en Inde. « Le rapport de l’ONU réaffirme la décision de la Haute Cour de Delhi à l’effet que les lois criminelles contre le comportement consentant de même sexe sont incompatibles avec les normes internationales des droits humains. »

Joel Nana, directeur général d’African Men for Sexual Health and Rights, a ajouté « Ceci est un important pas vers une protection effective des personnes LGBTI contre les violations de droits humains. AMSHeR endosse cet effort et enjoint les représentants africains des traités à mettre en place des mécanismes pour empêcher de nouvelles violations. »

Le rapport enjoint tous les gouvernements à respecter leurs engagements et obligations en vertu de la loi internationale sur les droits de l’homme en protégeant les droits de tous, sans égard à leur orientation sexuelle ou identité de genre, ainsi qu’à leur expression. Tel que souligné dans le rapport de la chef des droits de l’homme à l’ONU, Navi Pillay, ceci inclut une protection et une reconnaissance du genre auquel s’identifient les personnes trans. Protection aussi contre la violence, les meurtres, la torture et les abus, y compris ceux perpétrés par des membres de la famille et de la communauté. Le rapport exige une décriminalisation des relations de même sexe entre adultes consentants et l’octroi d’asile aux gens LGBTI à risques. On souligne aussi l’importance de la liberté d’expression et de réunion, ainsi que l’accès sans discrimination à l’emploi, aux soins de santé et à l’éducation.

« Le rapport invite les gouvernements de par le monde à jouer un rôle de leadership » Dr. Julia Ehrt, directrice générale d’Europe Transgenre, a affirmé. « En Europe, presque chaque personne visiblement trans subit l’harcèlement et la violence en privé ou en public. Ceux qui désirent une reconnaissance légale de leur genre sont forcés à subir des traitements médicaux incluant un diagnostique de désordre mental. Il est grandement temps que les chefs d’État se penchent sur une reconnaissance exhaustive du genre et adoptent des politiques antidiscriminatoires pour mettre fin à ces sévères violations des droits humains des personnes transgenres. »

La Haut Commissaire a déclaré que, « au niveau des défis en matière de droits humains, l’élimination de la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre ne devrait pas être controversée. Nous n’essayons pas de créer de nouveaux droits ou d’étendre les droits humains à un domaine inconnu. Nous disons que tout le monde mérite les mêmes droits, ainsi qu’une protection égale en vertu de la loi internationale sur les droits de l’homme.[1] »

Navi Pillay devrait présenter le rapport au Conseil des droits de l’homme lors de sa réunion prévue en mars 2012.

 

 

Contacts des ONG

Kim Vance (Co-directrice, ARC International):
kim@arc-international.net. Tel. +1-902-488-6404

Dr. Julia Ehrt (directrice générale, Transgender Europe):
Julia@tgeu.org
. Tel. +49 (0)1726336

Linda RM Baumann (coprésidente, Pan Africa ILGA):
lbaumann82@gmail.com. Tel. +264 81 2528259

Joel Nana (directeur général of AMSHeR):
joel@amsher.net. Tel: +27350455420

Arvind Narrain (Alternative Law Forum):
arvind@altlawforum.org

Marcelo Ernesto Ferreyra (Coordinador, Programa para America Latina y el Caribe, IGLHRC):
mferreyra@iglhrc.org
. T/fax: +54 11 4665 7527

Autres contacts

Fred Kirungi (HCDH, New York) :
kirungi@un.org
. Téléphone : +1 917 367 3431

Rupert Colville (HCDH, Genève) :
rcolville@ohchr.org
. Téléphone : +41 22 917 9767

 

Des copies du rapport sont disponibles à : www2.ohchr.org/english/bodies/hrcouncil/19session/reports.htm (document A/HRC/19/41)

 


[1] Navi Pillay, Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme ; remarque lors d’un dialogue interactif avec le Troisième Comité de l’ONU à New York, le 19 octobre 2011.